Odiora ou la détermination
d’une malentendante

Je rêve de mettre ces appareils auditifs aussi facilement qu’une paire de lunettes

Tout commence en 1994, quand Nathalie Birault découvre sa condition de malentendante.

A 12 ans, sa perte d’audition s’accompagne d’un diagnostic qui tombe brutalement : surdité sévère.

La stigmatisation des malentendants

Adolescente, scolarisée avec des « entendantes » elle souffre de cette audioprothèse marron qui la stigmatise et la met à l’écart.

Elle rêve alors d’avoir le choix, d’être élégante et d’affirmer son style avec son appareil auditif.

En grandissant, elle se passionne pour cet appareil, au point de faire des stages dès la classe de 3e chez un audioprothésiste pour comprendre et apprendre son fonctionnement.

Elle obtient ainsi que ses appareils auditifs soient customisés, pour remplacer la coque marron par une coque transparente, avant de passer au rose flashy à son entrée au lycée.

En choisissant une couleur très visible, elle affirme déjà sa singularité.

Peut-être l’idée d’un bijou pour habiller les coques remonte-t-elle à cette époque.

Après avoir décroché un bac scientifique dans l’idée de devenir audioprothésiste, Nathalie Birault doit se résigner : son niveau d’audition ne lui permet pas d’embrasser cette profession tant désirée.

Une malentendante aux Beaux-Arts

Elle opère alors, en 2001, un virage radical et s’inscrit aux Beaux-Arts à Saint-Etienne, pour donner libre cours à sa sensibilité artistique.

Une formation de 5 ans, où confrontée à l’incompréhension de son handicap, elle s’engage pleinement à l’expression de sa singularité.

Elle réalise des photos, des documentaires et s’efforce d’exprimer plastiquement ce « monde » dans lequel les malentendants vivent : la malentendance, qu’elle appelle souvent un « entre deux ».

Nathalie Birault réalise aussi une exposition, Silence, composée de photos noir et blanc qui évoquent le ralenti et une ambiance cotonneuse en résonance à son handicap.

Son travail de fin d’année prend la forme d’une installation vidéo 4 écrans diffusant des images et interagissant entre eux pour encadrer l’entendant et le mettre dans l’ambiance sonore d’un malentendant.

« Je garde un merveilleux souvenir de mes études. Elles m’ont permis de trouver mon identité », confie-t-elle.

2001 l’année charnière

C’est aussi en 2001 – date charnière pour Nathalie – qu’elle découvre la culture tahitienne lors d’un voyage.

Elle découvre alors sa fascination pour cette fleur de « Tiare » que tout le monde porte à l’oreille.

Une fascination d’autant plus exacerbée quand elle apprend que cette fleur est le symbole de générosité et bienvenue, mais aussi un signe distinctif de séduction et d’élégance.

Un engagement pour sensibiliser sur le handicap des malentendants

Diplômée en communication visuelle en 2006, Nathalie Birault se confronte alors à la dure réalité du marché du travail.

A force de persévérance, elle décroche un CDD en communication interne au sein d’un groupe lyonnais, avant d’être engagée comme webmaster infographiste assistante chargée de communication.

Grâce à la mission handicap de cette entreprise, elle redonne vie à son travail de fin d’études, qui reçoit en 2010 le « prix de la détermination » pour l’engagement d’une personne handicapée à sensibiliser l’entreprise à son handicap de la part du Club Affaires 69.

Durant l’année 2011, celle de ses 30 ans, elle cherche à affirmer sa féminité et rêve encore de ce voyage à Tahiti.

Permettre aux malentendants de mieux vivre au quotidien

Et à l’occasion d’un atelier de création de bijoux, elle a l’étincelle. Odiora venait de naître.

Elle commence alors à customiser ses appareils auditifs.

Les premiers modèles apparaissent, se font remarquer et plaisent à ses proches.

Elle se sert souvent de ses bijoux comme prétexte pour affirmer sa différence auditive.

Elle constate que son entourage voit d’abord la nouveauté de ses bijoux avant de voir l’appareillage de ses oreilles ou sa condition de malentendante.

Aujourd’hui, elle peut faire le constat du bienfait que cela apporte de parler de son handicap avec un brin d’élégance.

La valeur d’Odiora : faciliter la vie de toutes les personnes, qui, comme elle, passent par le chemin de l’acceptation de ce handicap souvent mal connoté.

Rêveuse, créative et toujours avec l’envie de changer le regard du monde sur le handicap auditif, elle crée la marque Odiora avec des bijoux innovants, porteurs de sens et bienveillants pour les oreilles attentives.

L’Equipe Odiora

Nathalie

Nathalie

Présidente & Fondatrice

Manon

Manon

Chargée de communication

Marion

Marion

Chargée de la Clientèle Professionnelle

Farah

Farah

Préparatrice de commandes

Bruno

Bruno

Directeur Général

Alex

Alex

Webdesigner

Ateliers Esat et Entreprise Adaptées

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Production

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